Un avis à deux étoiles vient d'apparaître sur votre fiche Google. La première réaction est souvent l'agacement, parfois l'envie de le faire disparaître. Or c'est votre réponse, bien plus que l'avis lui-même, que liront vos futurs patients. Et cette réponse est publique, ce qui pose une question propre à la santé : comment répondre sans jamais rien dire de la personne ?
On ne supprime pas un avis négatif à volonté. On y répond : avec courtoisie, sans jamais confirmer qu'une personne est patiente ni évoquer une situation clinique, en restant factuel et en renvoyant vers les voies habituelles du cabinet. Une réponse posée transforme un avis négatif en preuve de sérieux.
Pourquoi répondre, plutôt que chercher à supprimer ?
Parce qu'un futur patient ne lit pas un avis isolé, il lit un ensemble. Un cabinet qui répond calmement à une critique inspire souvent plus confiance qu'une note parfaite sans le moindre échange. La réponse est publique : elle s'adresse autant à l'auteur qu'à tous ceux qui la liront ensuite. C'est là que se joue votre image, pas dans la note à une décimale près.
À l'inverse, une réponse sèche, sur la défensive ou qui en dit trop sur la situation de l'auteur peut transformer un incident mineur en problème durable, et vous exposer sur le terrain de la déontologie. En santé, la contrainte est plus forte qu'ailleurs : la moindre allusion à une consultation ou à un motif de venue touche au secret médical.
Les quatre temps d'une bonne réponse
Accuser réception
Remerciez du retour et reconnaissez le ressenti, sans le contester d'emblée.
Protéger le secret
Ne confirmez jamais qu'une personne est patiente, ni le moindre détail sur sa situation.
Rester factuel
Un ton courtois et mesuré, sur l'organisation du cabinet, sans polémique.
Renvoyer au cabinet
Invitez à joindre le secrétariat pour traiter le fond hors de la place publique.
Le secret médical : la ligne à ne jamais franchir
C'est le point qui distingue un médecin de tout autre professionnel. Le secret médical couvre non seulement l'état de santé, mais le fait même qu'une personne soit venue vous consulter. Répondre publiquement « votre traitement était adapté » ou « lors de votre consultation du 3 mars » revient déjà à confirmer une prise en charge : c'est une violation, même sans nommer la pathologie, et même si l'auteur a lui-même tout déballé dans son avis.
La règle est donc simple, et elle est absolue : on ne confirme jamais qu'une personne est ou a été patiente, et on n'évoque ni consultation, ni motif, ni date, ni soin. Même pour se défendre d'une critique injuste, on ne lève pas le secret. La réponse porte uniquement sur ce qui n'est pas couvert : le fonctionnement du cabinet, l'accueil, les délais de rendez-vous, la joignabilité du secrétariat, l'engagement général de l'équipe.
Le fait que l'auteur ait révélé lui-même des éléments de sa situation ne vous délie pas : votre réponse, elle, reste publique et engage votre responsabilité. Le réflexe utile est de rester général et de proposer un contact direct, où l'échange redevient confidentiel.
Ce que dit la déontologie
Le secret professionnel du médecin est posé par le Code de la santé publique et repris par le Code de déontologie médicale (article 4). Au-delà du secret, la communication du praticien reste encadrée : elle doit être une information loyale du public, jamais un procédé publicitaire. Une réponse à un avis n'échappe pas à ce cadre : pas de comparaison avec un confrère, pas de mise en avant promotionnelle du cabinet, pas de polémique. Le Conseil national de l'Ordre des médecins rappelle régulièrement ces principes dans ses recommandations sur la communication et la présence en ligne des praticiens.
Concrètement, une bonne réponse est courtoise, factuelle, centrée sur l'organisation, et muette sur toute donnée de santé. C'est à la fois la posture la plus sûre sur le plan déontologique et la plus rassurante pour le lecteur suivant.
Un exemple qui apaise, un exemple qui aggrave
Le même avis peut appeler deux réponses opposées. La différence ne tient pas au talent d'écriture, mais au respect de quelques principes.
« Lors de votre consultation, votre situation nécessitait des examens que vous avez refusés. Nous avons fait notre travail malgré votre manque de coopération. »
Le problème : elle confirme une prise en charge, évoque une situation clinique et rejette la faute. Une violation du secret médical et une posture défensive, en deux phrases.
« Bonjour, nous sommes navrés de cette impression et la prenons au sérieux. L'accueil et les délais font l'objet de toute notre attention. Vous pouvez joindre le secrétariat au 01 XX XX XX XX pour en échanger. Bien à vous. »
Ce qui fonctionne : elle reconnaît le ressenti, ne confirme rien, reste courtoise et ouvre une porte en privé. Le lecteur suivant y voit un cabinet sérieux.
Peut-on faire supprimer un avis ?
Rarement, et jamais parce qu'il déplaît. Google est clair sur ce point : on peut signaler un avis, mais seuls ceux qui enfreignent ses règles sont retirés (propos hors sujet, spam, conflit d'intérêts, contenu interdit). Un avis négatif mais sincère, lui, ne sera pas supprimé. La marche à suivre officielle est décrite dans l'aide Google sur le fait de signaler des avis inappropriés. Le réflexe utile n'est donc pas de supprimer, mais de répondre, et de faire venir de nouveaux avis sincères qui rééquilibrent l'ensemble.
- Signaler uniquement si l'avis viole une règle : injure, propos discriminatoires, contenu manifestement faux, ou avis qui expose des éléments couverts par le secret médical.
- Répondre dans tous les autres cas, selon la méthode ci-dessus, sans jamais confirmer de prise en charge.
- Alimenter un flux régulier d'avis récents : c'est ce qui pèse le plus dans la durée, comme le rappelle l'aide Google pour gérer les avis.
Une précision propre à la santé : l'invitation à laisser un avis s'adresse à tous vos patients, sans tri ni filtrage. Orienter uniquement les patients satisfaits serait contraire aux règles de Google comme à la déontologie. On invite largement, on répond à chacun, on ne trie pas.
C'est exactement le travail que porte notre offre Réputation : recueillir l'avis de vos patients, répondre à chacun dans le respect du secret médical et de la déontologie, et piloter la note dans le temps.
Une critique bien traitée rassure plus qu'une note parfaite.La confiance ne vient pas de l'absence d'avis négatif, mais de la manière dont vous y répondez.
Questions fréquentes
Peut-on supprimer un avis Google négatif ?
Pas librement. On ne peut pas supprimer un avis simplement parce qu'il déplaît. On peut seulement le signaler à Google s'il enfreint les règles (hors sujet, spam, conflit d'intérêts, propos interdits). Seuls les avis contraires aux règles sont retirés.
Un médecin peut-il répondre sans violer le secret médical ?
Oui, à condition de ne jamais confirmer qu'une personne est ou a été patiente, ni évoquer une consultation, un motif ou une situation clinique. La réponse reste générale, courtoise, centrée sur l'organisation du cabinet, et invite à poursuivre l'échange par les voies habituelles.
L'auteur a tout raconté dans son avis : puis-je répondre sur le fond ?
Non. Le fait que l'auteur ait révélé des éléments ne vous délie pas du secret. Votre réponse reste publique et engage votre responsabilité : elle ne doit rien confirmer ni ajouter sur sa situation. On renvoie vers un contact direct, où l'échange redevient confidentiel.
Faut-il répondre à tous les avis, même positifs ?
Oui. Répondre à chaque avis, positif comme négatif, est un signal de sérieux lu par les patients comme par Google. Même pour un avis positif, on remercie sans confirmer de prise en charge ni évoquer de détail médical.
Sources
- Code de la santé publique, secret professionnel du médecin, article L.1110-4 (Légifrance), repris par l'article 4 du Code de déontologie médicale.
- Conseil national de l'Ordre des médecins, recommandations sur la communication et la présence en ligne des médecins.
- Google, aide Fiche d'établissement, Signaler des avis inappropriés.
- Google, aide Fiche d'établissement, Gérer les avis.
Contenu à visée informative. Les points de déontologie et de secret médical doivent être appréciés au regard de la situation propre à chaque praticien.
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